La VHF à la pêche : sécurité, réglementation et choix du poste
En mer comme sur les voies intérieures, une VHF marine est un bon équipement de sécurité pour le pêcheur. Elle permet d’écouter les informations nautiques, de contacter une capitainerie ou une écluse, de signaler une avarie et surtout d’alerter rapidement les secours.
Cet article concerne la pêche de loisir depuis une embarcation de plaisance. La pêche professionnelle relève de règles particulières.
La VHF en mer : quand est-elle obligatoire ?
En France, la réglementation dépend avant tout de la distance à un abri, c’est-à-dire un lieu où le navire et son équipage peuvent se mettre en sécurité.
| Zone de navigation | Distance d’un abri | VHF imposée par la Division 240 |
|---|---|---|
| Basique | Moins de 2 milles | Non |
| Côtière | De 2 à moins de 6 milles | Non, mais vivement conseillée |
| Semi-hauturière | De 6 à moins de 60 milles | Oui : VHF fixe obligatoire |
| Hauturière | 60 milles et plus | Oui : VHF fixe, VHF portable étanche et radiobalise de détresse RLS/EPIRB |
La VHF fixe est donc obligatoire dès que l’on navigue à 6 milles ou plus d’un abri. Une VHF portable ne la remplace pas en navigation semi-hauturière.
Près de la côte, où elle n’est pas imposée, une VHF reste utile à la pêche : panne moteur, homme à la mer, météo qui se dégrade, échouage, besoin d’assistance.
Le canal 16 : le canal de sécurité
Le canal 16 (156,800 MHz) est le canal international d’appel, de détresse, d’urgence et de sécurité. Un bateau équipé d’une VHF doit rester à l’écoute de ce canal en mer, lorsque cela est possible.
On ne l’utilise pas pour discuter entre amis ou commenter sa partie de pêche. Après un appel de routine, les correspondants passent sur un canal de travail libre.
En cas de danger grave et imminent, on utilise l’appel vocal MAYDAY. Pour une situation urgente sans danger immédiat pour la vie humaine, on utilise PAN PAN. Pour signaler un danger pour la navigation (épave, objet à la dérive, avis météo), on utilise SÉCURITÉ. Une VHF équipée de l’ASN permet aussi de déclencher une alerte de détresse numérique, à condition que l’installation soit correctement configurée.
Une VHF n’est pas un téléphone : elle reste utilisable quand il n’y a plus de réseau mobile, et les bateaux voisins comme les secours entendent l’alerte immédiatement.
Licence ANFR, MMSI et certificat CRR
Toute VHF fixe ou portable embarquée doit être déclarée auprès de l’ANFR. La licence de station de navire est gratuite et doit être tenue à jour, notamment en cas de changement de propriétaire ou de bateau. Elle attribue au bateau un indicatif d’appel (de la forme FM suivi de quatre chiffres en fluvial) qui reste attaché au bateau, pas au propriétaire.
Une VHF avec fonction ASN reçoit un numéro MMSI, une identité maritime à neuf chiffres dont les trois premiers désignent le pays. Ce MMSI est programmé dans l’appareil ; il doit correspondre au bateau concerné et ne doit pas être réutilisé sur une autre embarcation.
Pour utiliser la VHF :
- avec une VHF portable sans ASN, dans les eaux françaises, le CRR n’est pas obligatoire ;
- avec une VHF fixe ou une VHF portable ASN, il faut au minimum le permis plaisance adapté ou le CRR ;
- à l’étranger, le CRR est nécessaire, y compris avec une VHF portable.
Le CRR maritime est le plus polyvalent : il est accepté sur les voies fluviales. Le CRR fluvial, lui, ne permet pas d’utiliser une VHF en mer.
En rivière, fleuve, lac et canal
Sur les voies navigables, la VHF sert à communiquer avec les écluses, les ports, les autorités et les autres usagers.
Le Règlement général de police de la navigation intérieure (RGPNI) impose une installation radiotéléphonique à bord des bateaux, sauf pour les menues embarcations, c’est-à-dire les bateaux dont la coque mesure moins de 20 mètres. La quasi-totalité des bateaux de pêche de loisir entre dans cette catégorie et n’a donc pas d’obligation nationale.
Les règlements particuliers de police (RPP) d’une voie d’eau peuvent toutefois imposer une VHF aux menues embarcations motorisées. Dans ce cas, une portative limitée à 1 W suffit si le bateau n’a pas de poste fixe. Cette obligation locale ne s’applique pas aux embarcations dont le moteur fait 4,5 kW (6 CV) ou moins. Le panneau B.11 signale les secteurs où l’usage de la radiotéléphonie est obligatoire. Il faut donc consulter le RPP de la voie d’eau fréquentée.
En fluvial, les règles radio diffèrent de celles de la mer :
- la veille se fait en général sur la voie 10, première voie bateau-bateau, et non sur le 16 ;
- le poste doit fonctionner en mode ATIS : il identifie automatiquement le bateau à la fin de chaque émission ;
- la puissance est réduite à 1 W sur les voies bateau-bateau, bateau-autorités portuaires et de bord ;
- l’ASN et la voie 70 sont interdits sur les voies de navigation intérieure ;
- la double veille (touche DW) est interdite : veiller deux réseaux demande deux postes distincts.
Une VHF conçue uniquement pour la mer n’est donc pas adaptée à un usage régulier sur les canaux et fleuves. Pour une pratique mixte mer/fluvial, il faut un modèle explicitement compatible ATIS, à programmer avec le code figurant sur la licence.
Un peu de technique
Voie et fréquence
Les textes officiels parlent de voie (traduction de channel), l’usage courant dit canal. Une voie est un numéro qui correspond à une ou deux fréquences fixées par le Règlement des radiocommunications de l’UIT. La VHF marine occupe la bande de 156 à 162 MHz environ, avec des voies espacées de 25 kHz et une modulation de fréquence (plus exactement de phase, classe G3E).
À 156 MHz, la longueur d’onde vaut λ = c / f ≈ 300 / 156 ≈ 1,9 m. C’est pour cela qu’on parle d’ondes métriques, et que les antennes ont des dimensions de l’ordre du mètre.
Chaque voie est exploitée selon l’un de trois modes : simplex, duplex ou semi-duplex. Les manuels du CRR maritime et fluvial de l’ANFR les définissent de la même manière.
Le simplex : une seule fréquence, chacun son tour
En simplex, la même fréquence sert à l’émission et à la réception. Tant qu’un poste émet, il ne peut rien entendre. On parle donc à l’alternat : on appuie sur la touche PTT (Push To Talk), on parle, on relâche, on écoute. C’est le mode des voies bateau-bateau, par exemple la voie 6 à 156,300 MHz, ainsi que du canal 16.
Conséquence pratique : un micro coincé en émission (combiné tombé sur la touche PTT, par exemple) bloque la voie pour tout le monde à portée. En fluvial, le système ATIS impose d’ailleurs une identification au moins toutes les cinq minutes en cas d’émission prolongée.
Le duplex : deux fréquences, comme au téléphone
En duplex, la voie utilise deux fréquences différentes, une par sens de transmission. Les deux correspondants peuvent émettre et recevoir en même temps. Sur les voies duplex marines, l’écart entre les deux fréquences est de 4,6 MHz. Exemple donné par le manuel maritime de l’ANFR : la voie 79, utilisée localement pour la météo, avec 156,975 MHz côté navire et 161,575 MHz côté station côtière.
Le semi-duplex : le cas le plus courant pour un plaisancier
La voie reste à deux fréquences, mais seule la station terrestre travaille en vrai duplex. Le bateau, qui n’a qu’une antenne, fonctionne en simplex : il écoute sur la fréquence haute, et bascule sur la fréquence basse uniquement quand on appuie sur le PTT. Exemple en fluvial : la voie 23, avec 157,150 MHz à l’émission du bateau et 161,750 MHz à la réception.
Ce qu’il faut retenir côté bateau : on ne choisit pas le mode, il est attaché au numéro de voie. On sélectionne la voie, on appuie pour parler, on relâche pour écouter. En semi-duplex, deux bateaux sur la même voie ne s’entendent pas entre eux, puisqu’ils émettent sur la fréquence basse et écoutent la haute. Pour parler de bateau à bateau, il faut une voie simplex.
Portée : une affaire de hauteur d’antenne
Les ondes VHF se propagent pratiquement en ligne droite. La portée est limitée par l’horizon radio, un peu plus lointain que l’horizon optique grâce à la réfraction atmosphérique. Un ordre de grandeur couramment utilisé :
d (milles) ≈ 2,2 × (√h1 + √h2)
h1, h2 : hauteurs des deux antennes en mètres
| Liaison | Hauteurs | Portée théorique |
|---|---|---|
| Portable ↔ portable, tenus à la main | 1,5 m / 1,5 m | ≈ 5 milles |
| Fixe sur arceau ↔ portable | 3 m / 1,5 m | ≈ 6,5 milles |
| Portable ↔ relais côtier en hauteur | 1,5 m / 100 m | ≈ 25 milles |
| Fixe sur arceau ↔ relais côtier | 3 m / 100 m | ≈ 26 milles |
| Tête de mât de voilier ↔ relais côtier | 12 m / 100 m | ≈ 30 milles |
Ces valeurs indiquent seulement jusqu’où la liaison est géométriquement possible. Que le signal arrive exploitable dépend ensuite de la puissance (5 à 6 W pour une portable, 25 W pour une fixe), de l’antenne, du câble et de la sensibilité du récepteur d’en face. Entre deux petits bateaux, c’est la hauteur des deux antennes qui limite ; c’est pourquoi une portable tenue au ras de l’eau porte si peu d’un bateau à l’autre. Les falaises, les calanques encaissées et les berges hautes d’un fleuve créent aussi des zones d’ombre.
Puissance : 25 W ou 1 W
Une VHF fixe émet au maximum 25 W, avec une position réduite à 1 W (touche Hi/Lo). En mer, on utilise la puissance réduite pour les liaisons courtes, dans un port par exemple, afin de ne pas occuper la voie sur des dizaines de milles.
En fluvial, la réduction est une obligation : le poste doit passer automatiquement entre 0,5 et 1 W sur les voies bateau-bateau, bateau-autorités portuaires et de bord. Seul le réseau d’informations nautiques autorise jusqu’à 25 W (sauf en Belgique et aux Pays-Bas). Une portative utilisée en eaux intérieures doit être réglée entre 0,1 et 1 W.
Les réseaux fluviaux
| Réseau | Voies | Mode | Puissance max. |
|---|---|---|---|
| Bateau-bateau | Appel sur la voie 10, puis travail sur 6, 8, 13, 72 ou 77 | Simplex | 1 W |
| Informations nautiques | Voie propre à chaque station terrestre (écluse, centre de trafic) | Duplex, semi-duplex ou simplex | 25 W |
| Bateau-autorités portuaires | Selon le port | Simplex | 1 W |
| Communications de bord | 15 et 17 | Simplex | 1 W |
Les communications privées ne sont admises que sur les voies 72 et 77. La voie 6 est interdite sur le Rhin entre les PK 150 et 350. La voie 16 n’est utilisable en eaux intérieures que dans les zones mixtes, près des estuaires. En France, une menue embarcation équipée d’une portative peut appeler sur la voie 10.
Le code ATIS
Le code ATIS est dérivé de l’indicatif d’appel du bateau. Pour un bateau français d’indicatif FM1515, il se compose ainsi :
Le code à programmer figure sur la licence ANFR. Il est attaché au bateau : un poste déplacé sur une autre embarcation doit recevoir un nouveau code. Sur un poste mixte, on sélectionne ATIS en eaux intérieures et ASN en mer.
Double veille
En mer, la fonction Dual Watch (DW) permet de rester sur une voie de travail tout en échantillonnant régulièrement le canal 16. C’est pratique quand on pêche à plusieurs bateaux sur une voie de dégagement. En fluvial, cette fonction doit être désactivée : la réglementation exige deux postes distincts pour veiller deux réseaux.
Réglage du squelch
Le squelch coupe le haut-parleur tant que le signal reçu reste sous un seuil. Trop ouvert, on entend le souffle en permanence ; trop fermé, on rate les stations faibles, justement celles qui sont loin. La méthode donnée par le manuel CRR fluvial :
- se placer sur une voie de veille (10 en fluvial, 16 en mer) ;
- ouvrir le squelch au minimum : le souffle apparaît ;
- tourner doucement en sens inverse jusqu’au silence complet ;
- revenir très légèrement en arrière, jusqu’à n’entendre qu’un « cloc » de temps en temps.
L’antenne
Pour une VHF fixe, l’antenne compte plus que quelques watts d’écart. Quelques règles :
- une antenne dédiée au poste VHF, prévue pour la bande marine, montée verticalement et le plus haut possible ;
- en théorie, à au moins deux longueurs d’onde, soit environ 4 m, de toute masse métallique importante ;
- en fluvial, elle doit rester rabattable pour le passage sous les ponts ;
- les fouets d’environ 1 m ont un lobe de rayonnement large, qui tolère la gîte et le roulis ; les antennes plus longues, à gain plus élevé, rayonnent davantage vers l’horizon mais perdent en efficacité quand le bateau bouge beaucoup ;
- un câble coaxial de bonne qualité et le plus court possible : les pertes augmentent vite avec la longueur à 156 MHz.
Une mesure du ROS avec un ROS-mètre VHF permet de vérifier l’ensemble. Une valeur qui dérive d’une saison à l’autre signale souvent un connecteur oxydé ou un câble écrasé. Une antenne de secours à bord n’est pas superflue.
Les avantages de la VHF pour le pêcheur
- Sécurité immédiate : un appel est entendu par les secours et les bateaux proches.
- Indépendance du réseau mobile : utile loin du rivage, dans une calanque ou sur une zone mal couverte.
- Informations locales : météo marine, avis de sécurité, trafic portuaire, consignes de navigation.
- Communication avec les écluses et capitaineries : indispensable sur certaines voies intérieures.
- Coordination à bord : une portable permet de garder un moyen d’alerte sur soi ou dans l’annexe.
- ASN sur les modèles compatibles : une pression longue sur la touche de détresse transmet l’identité du bateau et sa position si le GPS est raccordé.
Les limites et inconvénients
- Portée limitée : la VHF fonctionne à vue radio ; la hauteur de l’antenne est déterminante (voir plus haut).
- Aucun secret : les communications sont publiques. Leur contenu reste toutefois protégé : il est interdit de faire état d’une communication entendue.
- Discipline nécessaire : connaître les voies, parler brièvement, ne jamais encombrer le canal 16 ni la voie 10.
- Autonomie : une portable doit être chargée ; prévoir une batterie de secours ou de quoi recharger à bord.
- Installation à soigner : une alimentation faible, une antenne médiocre ou un câble oxydé réduisent fortement la portée.
- Coût supérieur avec ASN/GPS : mais la fonction apporte une vraie valeur de sécurité.
VHF fixe ou portable : laquelle choisir ?
| Type de VHF | Pour qui ? | Points forts | Limites |
|---|---|---|---|
| Portable étanche | Barque, kayak de pêche, petite embarcation, solution de secours | Mobile, rien à installer, utilisable dans une annexe ou sur soi | Portée et autonomie plus faibles |
| Fixe 25 W | Bateau de pêche en mer, sorties régulières | Portée supérieure, alimentation du bord, antenne extérieure | Installation nécessaire |
| Fixe ASN avec GPS | Sorties côtières ou semi-hauturières | Alerte de détresse numérique avec position automatique | MMSI, GPS et configuration indispensables |
Pour une petite sortie côtière, une portable étanche et flottante peut suffire comme moyen complémentaire de sécurité. Pour un bateau utilisé régulièrement en mer, une fixe de 25 W avec une bonne antenne extérieure est le choix sérieux, la portable restant en secours.
Caractéristiques d’un poste conforme et adapté
Le terme « homologué » est souvent employé en magasin. En pratique, il faut vérifier que le poste est un équipement radio maritime conforme à la directive européenne RED, portant le marquage CE, et adapté à l’usage prévu. Les normes de référence sont l’EN 300 698 pour les VHF fixes et l’EN 301 178 pour les portatives.
Avant l’achat, vérifier :
- marquage CE et documentation en français ;
- poste prévu pour le service mobile maritime, avec accès direct au canal 16 ;
- 25 W pour une fixe, avec sélection de puissance réduite ;
- étanchéité IPX7 ou IPX8 pour une portable ;
- flottabilité et feu clignotant pour une portable destinée aux situations d’urgence ;
- fonction ASN classe D pour les sorties en mer ;
- GPS intégré ou entrée GPS/NMEA sur une fixe ASN ;
- compatibilité ATIS, puissance automatique à 1 W et désactivation de la double veille si le poste sert aussi en eaux intérieures ;
- combiné étanche ou micro déporté, pratique depuis le cockpit ;
- batterie remplaçable ou solution de recharge pour une portable.
Sur une fixe ASN, la position doit être fournie automatiquement pour figurer dans une éventuelle alerte de détresse : raccorder le GPS ou choisir un modèle à GPS intégré.
Avant de partir pêcher
- Vérifier la charge de la portable ou l’alimentation de la fixe.
- Contrôler l’antenne, le câble et les connecteurs.
- Garder la licence ANFR à bord et vérifier le MMSI ou le code ATIS programmé.
- Vérifier le mode du poste : ASN en mer, ATIS en eaux intérieures.
- Écouter le canal 16 en mer, la voie 10 en fluvial, lorsque c’est possible.
- Noter les voies de la capitainerie, du port ou des écluses fréquentées.
- Ne jamais utiliser la fonction de détresse ASN pour un essai : employer l’autotest du poste s’il existe. Un essai à la voix se limite à 10 secondes, avec le nom de la station suivi de « en essai ».
- Garder la portable à portée de main, pas au fond d’un coffre.
La VHF ne remplace ni les gilets de sauvetage, ni la préparation météo, ni un téléphone chargé. Mais pour le pêcheur embarqué, elle reste l’un des moyens les plus simples pour demander de l’aide au bon moment.
Sources officielles
Les canaux VHF et leur usage
Un même numéro de voie ne sert pas forcément à la même chose en mer et en eaux intérieures. Les tableaux ci-dessous donnent les voies qu’un pêcheur plaisancier rencontre le plus souvent. Les fréquences sont celles du plan de l’UIT ; pour les voies à deux fréquences, la première est celle d’émission du bateau, la seconde celle de la station à terre.
En mer
| Voie | Fréquence (MHz) | Mode | Usage |
|---|---|---|---|
| 16 | 156,800 | Simplex | Appel, détresse, urgence et sécurité en phonie. Veille permanente lorsque c’est possible. On y appelle, puis on dégage. |
| 70 | 156,525 | Numérique | Réservée à l’ASN (appels numériques, alertes de détresse). Jamais de voix. |
| 06 | 156,300 | Simplex | Navire-navire. Aussi utilisée pour la coordination des opérations de recherche et sauvetage. |
| 08 | 156,400 | Simplex | Navire-navire. |
| 72 | 156,625 | Simplex | Navire-navire. |
| 77 | 156,875 | Simplex | Navire-navire. |
| 09 | 156,450 | Simplex | Capitaineries des ports de plaisance en France. |
| 10 | 156,500 | Simplex | Sémaphores de la Marine nationale. |
| 12, 14 | 156,600 / 156,700 | Simplex | Opérations portuaires et services de trafic. Le canal de chaque port est à vérifier dans le Bloc Marine ou l’almanach. |
| 13 | 156,650 | Simplex | Sécurité de la navigation de passerelle à passerelle, surtout entre navires de commerce. |
| 79, 80 | 156,975 / 161,575 157,025 / 161,625 | Duplex | Bulletins météo des CROSS, annoncés au préalable sur le 16. |
| 63, 64 | reçu sur 160,775 / 160,825 | Duplex | Météo diffusée en continu dans certaines zones (Morbihan, Charente-Maritime, Méditerranée hors Corse). |
| AIS 1, AIS 2 | 161,975 / 162,025 | Numérique | Données AIS (position, cap, vitesse des navires). Pas de phonie. |
Les voies de dégagement des CROSS et les canaux propres à chaque port varient selon la zone. Le CROSS indique sa voie de travail en répondant sur le 16. Pour le reste, le Bloc Marine et l’almanach nautique de la zone font référence.
La règle pratique : on appelle sur le 16, on convient d’une voie navire-navire (6, 8, 72 ou 77) et on y bascule aussitôt. Le 16 ne sert jamais à la conversation.
En rivière, fleuve et canal
| Voie | Fréquence (MHz) | Mode et puissance | Usage |
|---|---|---|---|
| 10 | 156,500 | Simplex, 1 W | Première voie d’appel bateau-bateau et voie de veille. Utilisable par les menues embarcations avec une portative. |
| 06, 08, 13 | 156,300 / 156,400 / 156,650 | Simplex, 1 W | Travail bateau-bateau après appel sur la 10. Voie 6 interdite sur le Rhin entre les PK 150 et 350. La 13 sert au réseau bateau-autorités portuaires dans certains pays. |
| 72, 77 | 156,625 / 156,875 | Simplex, 1 W | Bateau-bateau. Seules voies admises pour les communications privées. |
| 12, 68, 69, 71, 09, 14 | 156,425 à 156,700 | Simplex | Voies d’écluses, de ports ou d’usages locaux. Les voies 69 et 71 sont interdites à moins de 40 km des côtes et estuaires, la 09 sur le Rhin entre les PK 150 et 350. La 14 est temporaire, sur autorisation. |
| 15, 17 | 156,750 / 156,850 | Simplex, 1 W | Communications de bord uniquement (manœuvre, amarrage, convoi). |
| 18, 20, 22, 82 | 156,900 à 157,125 / 161,500 à 161,725 | Duplex ou semi-duplex, jusqu’à 25 W | Écluses, centres de trafic et autorités (informations nautiques, bateau-port). La voie d’un ouvrage est affichée sur place et dans les guides de navigation. |
| 23, 26, 28 et 75 | 157,150 à 157,400 / 161,750 à 162,000 (75 : 156,775 en simplex) | Réservées | Autorités fluviales, gestion des ouvrages et entretien des voies. |
| 87 | 157,375 | Simplex | Pilotage, amarrage, remorquage. Réservée à VNF. |
| 16 | 156,800 | Simplex | Seulement dans les zones mixtes intérieures et maritimes, près des estuaires. |
| 70 | 156,525 | Interdite en eaux intérieures (ASN proscrit). | |
| AIS 1, AIS 2 | 161,975 / 162,025 | Numérique | AIS fluvial des bateaux professionnels. |
Des voies autorisées en France peuvent être interdites à l’étranger, et inversement. Sur le Rhin, la Moselle internationale ou en Belgique, il faut consulter l’arrangement RAINWAT et le guide de radiotéléphonie pour la navigation intérieure.
Même voie, usage différent
| En mer | En eaux intérieures | |
|---|---|---|
| 10 | Sémaphores de la Marine nationale | Voie d’appel et de veille bateau-bateau |
| 16 | Veille, appel et détresse | Zones mixtes seulement |
| 70 | ASN | Interdite |
| 09 | Capitaineries des ports de plaisance | Voie d’usage local, interdite sur une partie du Rhin |
| Puissance | 25 W, réduite à 1 W au choix | 1 W imposé sur la plupart des voies |
| Double veille | Autorisée | Interdite |
Un poste mixte bien configuré en mode ATIS applique automatiquement les limites de puissance fluviales et désactive l’ASN. Il faut quand même savoir sur quelle voie on se trouve et à quoi elle sert : appeler un sémaphore sur la 10 n’a de sens qu’en mer.





